Autofécondant, le vaillant noisetier n’a pas besoin d’abeilles.

Je souhaite vous partager cet article très intéressant sur la fécondation du noisetier, tiré du site internet REPORTERRE que j’aime beaucoup.

3 février 2018 / Christine Laurent (Reporterre) 

 

Pour la première année, les noisetiers du Jardin sans pétrole sont en fleurs. Présageant de possibles noisettes en septembre, cette efflorescence est l’occasion de s’intéresser à cette espèce dite « monoïque », capable de se féconder.

Le sol du jardin est détrempé. Je m’aventure d’un pas que j’espère assez léger pour cueillir de la cardamine hirsute. Il y en a partout. Elle a remplacé la renoncule rampante et c’est tant mieux. Elle forme un couvert tapissant en hiver, s’arrache facilement et, comestible, elle donne un petit goût de cresson à la salade. Mais là, il y en a tellement que je vais tenter d’en faire de la soupe. Il vaut mieux cette année ne pas la laisser trop grainer… or, aujourd’hui, elle est en fleurs.

Où sont donc les femelles C’est leur première floraison, signe que nous aurons peut-être des noisettes en septembre. La floraison est facile à repérer avec les longs chatons jaunes qui pendent au bout des branches. Au sens botanique, il s’agit d’un épi, d’une grappe de fleurs constituées d’écailles rattachées à un axe central. Au cœur de chaque écaille, bien protégées, les étamines portent les sacs de pollen. Ces chatons bien visibles sont des fleurs mâles.

Les fleurs du noisetier.

Où sont donc les femelles ? Il m’a fallu un peu de temps pour en trouver une tout juste éclose, laissant émerger à la pointe d’un bourgeon une houppe de filaments rouges, les stigmates. Il doit y en avoir d’autres le long des rameaux, mais tant qu’elles n’ont pas éclos, il n’est pas possible de les différencier d’un bourgeon portant les feuilles.

Le noisetier, espèce dite monoïque, porte les deux types de fleurs, mâle et femelle. En se balançant doucement sous l’effet du souffle, la fleur mâle libère des milliers de grains de pollen qui vont ensemencer les filaments rouges de la fleur femelle — les stigmates, donc — et déclencher la fabrication des noisettes.

Ce n’est pas si souvent que le sort d’une espèce ne dépend pas des abeilles !


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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre sauf :
. chapô : la fleur femelle du noisetier commun. Wikimedia (Aconcagua/CC BYSA 3.0)

 

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